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Mai nous appartient !!

 

 

Qu’en mai des millions de fleurs s’épanouissent

 

Nous sommes en guerre, mais ce n’est pas celle que l’on pense.

Le premier effet de  viralité de cette pandémie  est sans doute celle de « la guerre de tous contre tous », travestie dans  la violence du consensus imposée à chacun.Cette violence  c’est  celle de l’amabilité forcée ,  du service clientèle qui oblige chaque jour  ceux qui peuvent mourir à applaudir leurs bourreaux, et à humilier les soignants qui se sont fait gazer deux mois auparavant.Dedans ou dehors, c’est la tête qui est visée, et les mains n’y peuvent plus rien, la paume ouverte était justement le premier geste de l’échange humain, qui invitait l’autre et donc soi-même, à ne craindre rien de la rencontre .

 

La peur confine et le confinement sépare. Il nous sépare des autres et de nous-mêmes,  faisant de chacun un  délateur , en nous laissant à une solitude encore plus grande.Le confinement nous oppose les uns aux autres, mais aussi à l’intérieur de nous, de notre propre pensée, noyée chaque jour sous un flot d’information invérifiable  et contradictoire. La guerre est avant tout dans nos têtes. Ceux qui meurent là-bas, dans des EHPAD excentrés,  nos proches , nos parents ,  meurent encore plus sûrement de solitude et de peur et ceux qui meurent ici la nuit sous nos fenêtres, le font dans le silence de nos nuits électroniques. 

Et ce n’est pas d’ un repliement identitaire  qu’il soit  religieux, sexuel , politique, culturel ou  ethnique  que peut naitre une nouvelle « solidarité »  qui débouchera sur une humanité plus juste, ou des lendemains radieux.Le problème de la sortie du confinement est celui de son commencement, comment finir ce  qui n’a pas commencé.

Ce qu’il est assez facile de prévoir à court terme, c’est  la poursuite de l ‘organisation journalière d’annonces anxiogènes.La seule manière de pouvoir   sortir du confinement sera sans doute  d’abord de renforcer les mesures existantes  et ensuite de créer des événements encore plus anxiogènes: quelques pénuries vitales ( médicament, aliment, énergie ….),des mesures contraignantes et incompréhensibles,  des  prévisions de Krash économique , des mesures de restrictions rendant la vie de chacun encore plus précaire…. l’apparition de nouveaux conflits …etc

Il apparait maintenant avec certitude que les mesures qui ont été prises à  la faveur de cette pandémie  ( restriction des libertés,  du droit  du  travail, privatisation de la poste etc…ne seront pas les seules et d’autres encore que celles qui sont déjà prévues ( retraite, privatisation de la santé etc….) sont déjà projetées.

« Plus rien ne sera jamais comme avant », dans le langage de « Netfix » qui  a depuis longtemps déjà  monnayé le désir de mort de chacun, cela s’appelle l’apocalypse .C’est la nostalgie biblique du grand nettoyage (par un virus, une guerre ou autre chose ) qui nettoierait la terre… pour donner naissance à un avenir purifié. Mais c’est oublier que dans toutes ces séries , les survivants ne font toujours que survivre…il n’y a jamais d’après ….ni de lendemain … 

Il n’y aura aucun lendemain à la situation que nous vivons ,car nous vivons déjà demain aujourd’hui sans le savoir, et tout discours qui pourrait faire croire qu’un  changement serait possible qui   prendrait simplement  le chemin inverse  de celui qui a mené à la catastrophe actuelle ( au sens large), n’est que le même discours du siècle précédent qui a mené aux mêmes défaites

L’attente de lendemains qui chantent oblitère à chaque instant la révolte présente et  tout espoir de changement restent un mirage. Ce même mirage qui nous est vendu chaque jour par la bonne pensée officielle ( celle de l’information) l’ou la mauvaise pensée officieuse ( celle de la contestation).

Ce qui maintient ce confinement c’est la peur  et cette peur est celle  qui construira notre futur si nous ne parvenons pas à la dépasser.

 Le constat de l’état du monde, bien qu’il soit en ce moment terrible, n’est pas son acceptation, dans le siècle passé, toute tentative de renverser ce monde s’est toujours soldée par des défaites, mais les défaites ont toujours une fin.Notre projet c’est celui d’une vie où il n’y aurait pas comme seule  perspective d’avenir la capacité de nos enfants  à  supporter la douleur d’être ensemble.

 

Pourquoi attendre demain, alors que c’est maintenant qu’il faut agir, 

La mémoire est courte et les moyens sont grands pour la transformer et l’effacer.

Ce que chacun a vécu doit trouver un sens.

Pour que le temps n abolisse pas  la mémoire des hommes.

 

Comme nous le disions précédemment » :

Le fossé reste à combler entre ceux qui étaient spectateurs lors des émeutes précédentes et qui sont maintenant acteurs et les acteurs sans parole devenus aujourd’hui spectateurs ; ils semblerait que la victoire pourrait être réalisée par l’union de ceux qui sauront transformer la violence de rue en violence de la parole avec d’autres qui sauront transformer la parole publique en violence de rue, certains y contribuent déjà.

Dans le débat, la réappropriation du monde commence par la réappropriation de la violence."

  

Qu’en mai des millions de fleurs s’épanouissent.

Mai nous appartient !!

 

 

International Socièty of Historical Defeat.

 

Mourad Beleksir

Najet Benshorf

Mars 2020